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Le nucléaire français se fédère au sein du GIFEN

mardi 30 octobre 2018
- Service Communication
Le nucléaire français se fédère au sein du GIFEN

Fédérés depuis le 14 juin 2018 au sein du GIFEN, Groupement des Industriels français de l’Énergie nucléaire, les acteurs du nucléaire parleront désormais d’une seule voix en France comme à l’international. Un grand pas en avant pour la filière selon Philippe Clergue, Président d’Onet Technologies.

Monsieur Clergue, que représente la création de ce nouveau groupement ? En quoi constitue-t-il une avancée pour le nucléaire français ?

 

La création du GIFEN était appelée des vœux de l’ensemble des industriels du nucléaire. Ce secteur, le 3e secteur industriel en France, avec quelque 220 000 salariés, ne bénéficiait pas jusqu’alors d’une organisation structurée. Ses acteurs avaient du mal à coordonner leurs actions. Avec le GIFEN, tous, quelle que soit leur taille – grands donneurs d’ordres, entreprises de taille intermédiaire comme Onet Technologies et PME – pourront désormais faire entendre leur voix. Des projets transverses vont pouvoir être menés et des problématiques essentielles seront abordées, dont la formation, l’innovation, le numérique… Si nous ne nous saisissons pas de ces sujets ensemble, nous n’avancerons pas.

 

Combien d’acteurs du nucléaire regroupe le GIFEN et quand leurs travaux vont-ils commencer ?

 

Le GIFEN regroupe 24 industriels majeurs ainsi que les grands donneurs d’ordres de la filière et les associations telles que l’AIFEN, Association des Industriels Français Exportateurs du Nucléaire. Une première réunion se tiendra en octobre pour définir la feuille de route de la filière. Celle-ci de sera finalisée à la fin de l’année.

Au sein du GIFEN par ailleurs, les membres travaillant pour le compte de fournisseurs d’exploitants ont créé un groupement spécifique : le GIFE, Groupement des Industriels Fournisseurs des Exploitants. Cette structure devrait permettre à ces acteurs précis d’apporter des réponses communes et fortes à leurs clients. Bref, de pouvoir user d’une véritable force de frappe sur les grands projets, notamment à l’international.

 

Comment compte agir le GIFEN en matière de formation ?

 

La formation est un enjeu crucial du développement de la filière. Les entreprises du nucléaire doivent affiner, repenser leurs offres et faire en sorte qu’elles “collent“ toujours plus au marché. Il y a, pour cela, une vraie réflexion à mener en termes de formation et ce, depuis l’enseignement supérieur. Par ailleurs, nous manquons de compétences dans certains secteurs comme le soudage. Nous devons réfléchir aux actions de formation à mettre en œuvre pour y remédier. Le secteur nucléaire doit gagner en attractivité et la formation a, pour cela, via le GIFEN, un vrai rôle à jouer, tant du point de vue “métiers“ (spécialités) qu’à l’échelle des projets impactants, pour lesquels nous avons besoin d’agents hyper-qualifiés. 

 

Comment le GIFEN compte-t-il activer les leviers du numérique et de l’innovation ?

 

Le numérique est un outil capital aujourd’hui, les acteurs du nucléaire l’ont bien compris. Chacun, bien sûr, a mis en place et développé son propre système, mais pour fédérer nos actions, ce qui est la raison d’être du GIFEN, nous devons aller plus loin. Le digital devra accompagner l’innovation et s’articuler autour d’axes fondamentaux pour nous comme la construction de grands projets de type EPR et les modalités d’intervention. EDF par exemple redéfinit aujourd’hui, via les outils numériques, les modalités de déconstruction de ses centrales et la modélisation des installations à démolir. Nous sommes passés à une autre dimension et devons nous y adapter. La feuille de route que nous allons définir prendra bien évidemment ces éléments en compte.

 

D’où vient la force du GIFEN ?

 

De l’engagement de ses membres. Au-delà des gros acteurs du nucléaire qui ont été sollicités expressément, tous les autres sont venus spontanément. Le GIFEN a suscité une vraie adhésion. Des entreprises intervenant sur tous les périmètres du cycle du nucléaire ont souhaité le rejoindre et l’implication de leurs dirigeants est totale. Tous les métiers et profils sont représentés. L’autre atout fort du GIFEN vient de ce que même s’il ne s’agit pas de sa vocation première, il contribuera à tisser un réseau entre les partenaires de la filière, et l’on sait aujourd’hui combien cette notion est importante dans un secteur comme le nucléaire. En résumé, ce groupement réunit à lui seul les clés de la performance économique du secteur nucléaire…

 

Le GIFEN absorbe le GIIN et l’AIFEN

Le Groupement des Industriels français de l’Énergie nucléaire reprend le GINN, Groupement intersyndical de l’Industrie nucléaire, compétent en matière de gestion des compétences et sûreté, ainsi que l’AIFEN, Association des industriels Français exportateurs du nucléaire, en charge de la promotion des acteurs français de l’énergie nucléaire à l’étranger.