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La première phase de démantèlement des dissolveurs de Marcoule finalisée avec succès !

lundi 15 octobre 2018
- Service Communication
La première phase de démantèlement des dissolveurs de Marcoule finalisée avec succès !

Pour démanteler les dissolveurs du site CEA Marcoule, Onet Technologies a mis en œuvre un système de découpe laser téléopéré hautement performant. Une première en France, qui a permis la dépose totale de la première cuve sans contact physique et sans incident.

C’est en 2011 qu’Onet Technologies a été sollicitée par le CEA pour démanteler les deux dissolveurs du site de Marcoule, à l’arrêt depuis la fin des années 90. Deux cuves imposantes de quatre mètres de haut, deux de diamètre, dont les parois ont jusqu’à 50 mm d’épaisseur et sont hautement activées et irradiantes, donc impossibles à manipuler par l’homme directement.

Le recours à un système téléopéré de découpe laser (l’une des seules techniques à même de venir à bout de grosses épaisseurs d’acier dans un environnement de forte activité) s’est donc rapidement imposé.

 

Deux ans d’études et de mise au point

 

Après deux ans d’études et de mise au point, puis l’implantation du système laser télé-opéré à Marcoule, la première découpe laser a été réalisée le 15 décembre 2015. Les aléas gérés (dont la présence, au fond du dissolveur, de poudres radioactives qu’il fallut éliminer, avec toutes les contraintes de sûreté et de sécurité que cela suppose), la cuve a été entièrement débitée en pièces de 300 x 300mm, soit 1850 pièces représentant cinq tonnes de déchets.

 

Pour les collecter et les extraire du site, en conformité avec les exigences d’évacuation des déchets importants du CEA et de l’ANDRA, une installation de 30 tonnes et un protocole draconien ont dû être mis en place (lire encadré ci-après).

« Nous avons à présent évacué la totalité du premier dissolveur, explique Thomas Garnier, chef de projet au sein de la Direction des systèmes industriels complexes d’Onet Technologies. Nous finissons actuellement d’assainir le local qui l’abritait. »

 

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Une vraie relation de partenariat avec le CEA

 

La réussite de ce projet tient bien sûr à la performance technologique qu’Onet Technologies a réussi à mettre en œuvre, mais elle incombe aussi « à la vraie relation de partenariat de l’entreprise avec le CEA », insiste Thomas Garnier.

 

« Nous avons, pour ce projet, utilisé et industrialisé trois technologies R&D développées par le CEA, poursuit-il : la réalité virtuelle, la torche laser et le bras robotisé. L’association de nos compétences et valeurs ajoutées respectives nous a permis d’agir en parfaite synergie et d’exploiter nos potentiels au maximum. Ce type de collaboration, peu fréquent, s’est révélé extrêmement porteur et nouveau dans le secteur du nucléaire.

L’utilisation de la réalité virtuelle nous a permis d’établir un scénario de démantèlement et de simuler toutes les opérations en 3D avant l’intervention. Un gage supplémentaire de réussite pour ce projet hors pair. Et une première dans le secteur du nucléaire, Onet Technologies étant la première société à avoir réalisé des découpes laser télé-opérées en zone contrôlée. »

 

 

Des opérateurs hautement impliqués

 

Autre facteur de réussite de ce chantier : la motivation des équipes d’Onet Technologies qui se sont totalement investies dans le projet. Cette implication active s’est traduite, sur le terrain, par une parfaite maîtrise des impératifs de sécurité et une qualité opérationnelle hors norme, dans le respect des contraintes de coûts et de délais.

« La fiabilité des équipes affectées à ce projet et qui, depuis deux ans, s’y consacrent totalement, est un élément-clé de son succès, précise Thomas Garnier. C’est grâce à ces collaborateurs que ce chantier a avancé, malgré des aléas techniques courants dans ce type d’opération mais qu’il faut gérer. »

Un atout supplémentaire à mettre au crédit d’Onet Technologies qui, outre ses compétences techniques, s’impose en concepteur et exploitant.

 

Un chantier très visité

 

Depuis 2016, ce chantier a fait l’objet d’une quarantaine de visites officielles. La direction générale de l’ASN et les administrateurs du CEA ont notamment souhaité le visiter, de même que des délégations étrangères (japonaises, anglaises, écossaises…), le secrétaire d’Etat à la transition énergétique, Sébastien Lecornu, l’an dernier, le ministre de l’Industrie du Japon, des journalistes et experts spécialisés du monde entier…

La mise en œuvre réussie de cette technologie ouvre, il est vrai, des perspectives prometteuses pour Onet Technologies qui, en partenariat avec le CEA, en poursuit le développement pour la découpe et la récupération du combustible endommagé de la centrale de Fukushima Daichi, dans le cadre d’un projet de R&D pluriannuel financé par le Japon. Le démantèlement des réacteurs et installations complexes de haute activité représente également un marché potentiel pour la découpe laser, en France comme à l’international.

 

Une dépose complexe et minutieuse

Avant d’être évacués, les quelque 1850 “morceaux“ du dissolveur ont, conformément aux obligations légales, été mesurés, pesés et caractérisés radiologiquement. Ils ont ensuite été collectés dans des paniers d’1 mètre de haut installés sur le site spécialement à cet effet. Une fois pleins, les paniers ont été transférés en “boîtes intermédiaires renforcées“ (BIR) dans une autre installation de Marcoule pour y être bétonnés, c’est-à-dire enveloppés dans des matrices de béton. Les blocs de béton ainsi constitués (sept au total pour ce premier dissolveur) ont alors rejoint le site de stockage de l’Andra.

 

Pourquoi démanteler ?

Une installation nucléaire a une durée d'exploitation limitée, du fait soit de l’obsolescence de ses équipements, soit de l'achèvement des programmes de recherche ou de production qui y sont menés, soit encore de l'évolution de la réglementation. Une fois mise à l’arrêt, elle doit être démantelée et les locaux qui l’abritaient nettoyés.

 

Qu’est-ce qu’assainir ?

C’est éliminer l’intégralité des substances dangereuses : matières radioactives, combustibles usés, produits chimiques, matériaux contaminés ou activés… L’assainissement consiste, une fois les opérations de démantèlement effectuées, à éliminer la radioactivité de tous les équipements.​

 

Qu’est-ce que démanteler ?

Cela consiste à démonter et évacuer la totalité des équipements et procédés, y compris les équipements légers : mobilier de laboratoire, boîtes à gants, appareils d’analyses… puis à éliminer toute trace de radioactivité dans les locaux de l’installation, autrement dit rendre les sites propres.​